Facebook Friends

“T’as vu … je t’ai ajouté sur Facebook” “Ah ouiiiii … j’ai vuuuu … mais je suis désolée, j’ai une politique très stricte d’ajout sur Facebook. En gros, tu es dans l’antichambre de l’amitié pour l’instant, j’hésite encore à te donner accès à mes 2357 photos de profil”. Froid. Ekhm. I’m sorry to be blunt, mais mon quotas de temps libre préposé au stalkage ne me suffit plus depuis que j’ai dépassé les 600 “potes” virtuels. En plus depuis 2007 la stratification sociale virtuelle s’est très largement complexifiée alors il faut mettre un holà aux ajouts intempestifs. Double froid. Non mais sérieusement, j’ai essayé de faire le ménage l’autre jour et plusieurs hic se sont suivis. J’ai pas pu enlever les “amis-d’amis-qui-font-partie-d’un-groupe-d’amis-qu’on-invite-toujours-groupé-à-des-soirées”. Ni le groupe “que-j’ai-rencontré-lors-de-ma-vie-en-Asie-et-que-je-garde-au-cas-où-j’y-retourne-un-jour”, tout comme “les-amis-du-weekend-annuel-au-ski” parce que je me suis dit que quand je les reverrai à la prochaine raclette … ça risque de se savoir et foutre un vrai bordel. Comment aurais-je pu me séparer du groupe “ex” ou “amis-d’ex-qui-permettent-de-garder-des nouvelles-du-ex” ou encore plus délicat : “les-non-ex-mais-you-never-know” ou “ceux-qu’on-a-toujours-trouvé-beaux-et-on-va-pas-s’en-priver” ? Je ne veux même pas mentionner le cluster alumni :  “mes-BFF-de-primaire” ou “grande-école-grande-famille”. Tout comme la partie opportuniste soit-disant pro :  “il-poste-toujours-les-contenus-les-plus-adéquats-dans-mon-domaine”, “on-ne-sait-jamais-s’il-ne-va-pas-servir-pour-le-business” et plus sournoisement “ceux-qui-vont-probablement-devenir-célèbres-ou-importants-dans-un-avenir-incertain”. Il y a des groupements mélancoliques qu’on garde avec la larme à l’œil : “je-ne-vais-jamais-le-revoir-mais-il-y-a-eu-une-vraie-connexion” ou encore “elle-like-toujours-mes-photos-moches”. Inutile de dire donc que je n’ai même pas essayé de faire le tri. Voilà, 623 personnes. Très exactement. Les 29 restantes sont probablement les “guilty-pleasures-friends”. Ceux qu’on garde sous le coude pour les jours de trop bonne, ou trop mauvaise humeur, et qui nous permettent de s’évader honteusement dans des univers parallèles de l’existence humaine. God save the Selfie, notre vie serait tellement moins drôle sans lui. You can hate me now : entre amour et méchanceté gratuite, la société facebookienne repose sur un savant mélange de stratégie d’étalage, d’omission et de voyeurisme, que tout le monde s’en cache bien de partager avec ses Friends.

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This entry was published on February 25, 2014 at 10:42 pm and is filed under friends, social, tendance. Bookmark the permalink. Follow any comments here with the RSS feed for this post.

One thought on “Facebook Friends

  1. Ladies and gentlemen, my Wife, the Bitch, whom I love more than ever…

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