Voyage Voyage

Fis head* ? You like ? Spicy spicy ! Good !” Le contenu de mon assiette me regardait, et je sentais en moi monter un sentiment d’impuissance. Ma gorge se serrait et je me suis soudainement retrouvée vraiment très loin de chez moi. Le “fis head” était le plat de prédilection de Is, la bonne indonésienne de ma meilleure amie à Singapour. Ça, c’était le passage au niveau 2 de l’intégration asiatique, que j’ai misérablement fail. Mais c’était un déclic. Un de ces moments de profond abîme interne. Ces moments où on est confrontés à nous-mêmes, mais loin de nous mêmes. Du coup quand dimanche, j’ai “subi” un retard de train de 31 min, selon les paroles du monsieur haut parleur de la SNCF, j’ai réalisé qu’il y avait les voyageurs et les stagnants. Contrairement à la horde grognon des voyageurs (parisiens) j’avais l’impression de plus subir l’arrivée à Paris qu’un retard notable dans l’heure du repas du soir. Sentant l’angoisse du retour à la normale (la France normale, le quotidien normal, la vue du balcon normale) monter en moi, je me suis réellement demandée pourquoi est-ce qu’ils étaient aussi pressés tous ces gens ??? OK, moi aussi j’avais monstre faim (oui, j’ai décidé de mettre en route un plan déménagement en Suisse, du coup je commence à utiliser le langage local pour mieux m’intégrer), moi non plus je n’aime pas partager le wagon avec une famille de 5 enfants en bas âge et non, moi non plus je n’aime pas les voisins dormeurs-baveurs, mais quand même … Vu que le retour du dimanche soir nous mène généralement aux emmerdes du lundi matin, pourquoi, POURQUOI sont ils si contrariés par un voyage prolongé ? Le home, sweet home les démange ? Moi, avant du monter dans le train retour, je priais au fond de moi pour une grève minute, PILE à l’heure du départ de mon train (miraculeuse la grève en Suisse, mais quand même!) pour rester les pieds das le lac encore quelques temps. Pour rester là, ne pas faire quelque chose d’extraordinaire, mais pour échapper l’ordinaire. Parce que le voyage c’est la plus extraordinaire des découvertes. C’est la plus grande confrontation. La remise en question par excellence. La dynamique opposé-simultané. Partir-arriver. (Se) perdre-(se) retrouver. Etre loin et tout près. Etre quelqu’un mais pas vraiment au bon endroit. Regarder et toucher. Changer. Parce que comme dans l’incontournable soundtrack du globe-trotter : Desireless Voyage Voyage; un bout de nous “jamais ne revient”.

*ou le Fish Head, un plat indonésien, littéralement de la tête de poisson dans une sauce très très très épicée qu’on mange avec du riz.

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This entry was published on June 18, 2013 at 2:11 pm. It’s filed under family, food, friends, social, travel and tagged , , , , , , , . Bookmark the permalink. Follow any comments here with the RSS feed for this post.

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