Déménagements

En montant le 5e carton de A, estampillé “petites culottes” au 3e étage de ce charmant immeuble parisien, j’ai ressenti une soudaine mélancolie. La mélancolie du déménagement. Certainement liée à une sur-oxygénation cérébrale (pas fait autant de sport depuis mon dernier déménagement), puisque déménager est probablement LA chose que j’aime encore moins que les choux de Bruxelles & faire la queue, mais bizarrement ça m’a soudainement manqué. L’anticipation du carton. La jouissance du tri-no-mercy. L’excitation du réaménagement. Parmi la vingtaine de déménagements à mon actif, il y a celui opéré par Monsieur Daniel & son acolyte muet, porn star amateur et ami personnel de Johnny, qui restera à jamais le moment le plus hallucinant de ma vie (et celle de M). Entre récit de vie palpitant, descente en rappel de la fenêtre du 4e au 3e étage (j’ai claqué la porte de l’appart en laissant les clefs à l’intérieur) & la vitesse à laquelle un an de vie dans le 16e est passé au 15e (2 heures), je ne saurai dire ce qui était le plus fabuleux. (peut être le voisin du dessus qui vivait dans le noir complet seul avec son ordinateur ? peut être …) Parce que déménager, à part d’être pénible musculairement, financièrement & logistiquement, c’est un moment de renouveau. Et de surprise. Vous réalisez soudainement que : sous votre lit il y a une colonie d’élastiques à cheveux (et autres choses élastiques, mais passons). Que vous pouvez faire plus compact. BEAUCOUP plus compact. Que rien ne pèse plus lourd que la collection des Citizen K de 4 ans. Que vous n’avez jamais perdu le t-shirt Le GO le plus sexy du Club Med de la saison été 2011 côté adriatique. Que vous faites pas aussi bien le ménage que vous le prétendez. Que vous êtes riches en sacs en papier. Que vous avez des forces surhumaines. Et de l’asthme. Et zéro endurance. Que vous n’avez pas autant d’amis que ça. Que vous quittez pas mal de bons souvenirs, mais c’est pas vraiment une surprise. Et quand vous regardez pour la dernière fois cet appartement tout vide soudainement habité par un écho des jours et des nuits passés, vous êtes contents de repartir pour construire un nouveau chez soi. Un nouveau soi.

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This entry was published on March 24, 2013 at 12:46 pm and is filed under paris, pensées. Bookmark the permalink. Follow any comments here with the RSS feed for this post.

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